Méthodes et outils
L’accompagnement psychopédagogique
L’accompagnement psychopédagogique est une démarche sur mesure située à la croisée de la psychologie et de la pédagogie. Il vise à aider un enfant, un adolescent ou un adulte à surmonter ses difficultés d’apprentissage en prenant en compte à la fois ses mécanismes cognitifs (comment son cerveau traite l’information) et sa dimension affective/émotionnelle (stress, confiance en soi, motivation).

Contrairement au soutien scolaire classique, qui se concentre sur le contenu du programme ou les devoirs, la psychopédagogie cherche à comprendre pourquoi et comment l’apprenant est en panne.
Les objectifs principaux
Identifier l’origine des difficultés
Facteurs émotionnels (Peur de l’échec, colère, tristesse, sentiment de dévalorisation …), manque d’organisation, troubles de l’attention (TDA/H), troubles DYS (dyslexie, dyscalculie, etc.)
Développer le « savoir-apprendre » (métacognition)
Faire prendre conscience à l’enfant la manière dont il travaille et raisonne pour qu’il puisse identifier ses empêchements et ses points d’appuis pour devenir autonome et acteur de ses apprentissages.
Proposer des outils adaptés
Visuels, kinesthésiques (par la sensorialité du toucher), ludiques, cartes mentales, méthodes de mémorisation, gestion du temps, techniques de concentration etc…
Restaurer l’estime de soi, se sentir capable de réussir
Dédramatiser l’erreur pour refaire de l’apprentissage une source de plaisir ou d’accomplissement.
Comment se déroule un suivi ?
Étape 1
L’évaluation initiale
Un entretien avec la famille puis 3 séances individuelles pour analyser le parcours, identifier le fonctionnement, les empêchements, les besoins, et les leviers de l’apprenant.
Étape 2
Le plan d’action
La remise du bilan psychopédagogique, la mise en place d’objectifs personnalisés et de supports adaptés.
Étape 3
Les séances de travail
Des activités détournées des pratiques scolaires, des jeux cognitifs et des mises en situation pour manipuler et expérimenter de nouvelles méthodes.
Étape 4
Le suivi
Un point régulier avec la famille pour suivre l’évolution et adapter l’accompagnement si nécessaire.
Avec l’école et avec les autres professionnels
Votre enfant est peut-être déjà suivi par un orthophoniste, un psychologue, ou signalé par son enseignante. Je ne remplace aucun d’eux.
Je ne me substitue à personne
L’orthophoniste travaille le langage, le psychologue le fonctionnement psychique, le médecin pose les diagnostics. Mon terrain est celui de l’apprentissage : comment votre enfant s’y prend pour comprendre, retenir et s’organiser.
Je connais l’école de l’intérieur
Quinze ans professeure des écoles, puis directrice : je sais ce qu’un enseignant peut mettre en place dans sa classe, ce qu’il ne peut pas, et comment formuler une demande pour qu’elle soit entendue.
Le lien avec l’équipe éducative ou les professionnels de soin
Je ne fais jamais aucune action sans l’accord des parents. Mais pour une meilleure synergie, je me tiens à votre disposition si vous souhaitez que j’échange avec les professionnels qui accompagnent votre enfant. De par mon activité au CMPP, je suis habituée à travailler avec des professionnels du soin et suis soumise au secret médical.
Trois accompagnements, racontés
Des situations réelles, rendues anonymes. Aucune ne ressemble tout à fait à celle de votre enfant, et c’est précisément le propos : chacun est unique.

Situation 1
Emile, 7 ans CE1
À l’arrivée
Emile ne rentre pas bien dans les apprentissages mathématiques. Il n’a pas compris le fonctionnement du système décimal et n’arrive pas à mémoriser le nom et l’écriture des nombres. Il ne parvient pas à faire du calcul mental et se trompe dans les opérations posées, memes les plus simples. Il est très vexé de voir ses difficultés et se renferme. En classe il ne participe pas et commence à refuser les activités mathématiques.
Ce que nous avons fait
Durant les séances d’observation pour établir le bilan, je me rends compte qu’Emile n’a pas la notion du nombre, habituellement construite en maternelle. Je lui propose donc des d’activités de manipulation sous forme de jeu pour l’aider à expérimenter la logique mathématique. Je veille à ce que tous les supports soient ludiques afin de renouer avec le plaisir des apprentissages. J’aborde tout cela pas à pas, à son rythme.
Quelques mois plus tard
Emile recommence à sourire quand je lui demande si il a plus ou moins de jetons que moi. Il compare, commence à additionner ou soustraire des petites quantités. Il parvient à nommer et écrire les nombres de la famille des 70 et 90 sans se tromper. Le décalage avec le reste de la classe ne s’agrandit plus. Emile est en train de rattraper son retard. Il lui faudra encore du temps et de l’entrainement pour que tout se passe de manière fluide mais la confiance en lui et l’envie d’apprendre sont revenus.

Situation 2
Anna, 10 ans CM2
À l’arrivée
Anna est très angoissée à l’idée d’entrer en 6eme. Elle s’inquiète de laisser le cocon de sa petite école de quartier très bienveillante mais où il n’y a pas beaucoup d’entraînement au travail personnel. Elle se compare à sa grande soeur qui est en grande réussite scolaire alors qu’elle même bloque sur les mathématiques. Elle se sent dévalorisée et incapable de suivre les demandes du collège.
Ce que nous avons fait
Je me suis appuyée sur ses capacités littéraires, son sens de l’imagination et ses goûts pour le théâtre et le dessin. Nous avons fabriqué des figurines, inventé des histoires, lu des fables qui parlaient de l’imperfection, de la perception subjective des qualités et des défauts de chacun, de la vérité qui n’est pas unique. Puis nous avons utilisé les figurines dans des situations de logique. J’ai proposé des jeux cognitifs puis des jeux de manipulation pour aborder les notions d’arithmétique.
Quelques mois plus tard
Anna s’est rendu compte qu’elle avait de multiples compétences. Elle a pris plaisir à détourner histoires et poupées pour comprendre qu’elle n’avait pas besoin d’être parfaite et que la crainte de l’erreur empêche de se mettre à réfléchir.
En fin d’année, sur son bulletin scolaire, il est noté qu’Anna ne craint plus de se tromper et participe beaucoup en classe , notamment en mathématique où elle a beaucoup progressé.
Elle envisage la rentrée en 6eme avec sérénité.

Situation 3
Icham, 11 ans 6e
À l’arrivée
Icham, est hyperactif. Il a du mal à écrire. il se précipite, ses textes sont illisibles, son attention est très dispersée. Il est désorganisé et se trompe souvent quand il donne des réponses. Il n’est jamais satisfait de lui ni du collège. Il explique qu’il sait déjà et que les professeurs ne lui apprennent rien alors que lui veut apprendre très vite.
Icham est accompagné par un ergothérapeute qui lui apprend à utiliser un ordinateur pour sa prise de notes.
Ce que nous avons fait
De mon côté, je le fais travailler sur la métacognition pour qu’il réalise qu’il se fait déborder par son impulsivité. Puis nous abordons le statut de l’erreur: Se tromper est utile. Si on sait déjà tout, que l’on ne se trompe pas pour avoir la possibilité de corriger son erreur, alors on ne progresse pas et on ne sait rien de plus.
Enfin, nous nous appuyons sur des cartes mentales autour de la division, puis du verbe, pour qu’il prenne conscience de ses connaissances et qu’il cherche à les organiser et à les lier entre elles.
Quelques mois plus tard
Icham a compris que sa précipitation pour répondre le dessert. Au contraire il a pris l’habitude d’organiser ses pensées pour bien saisir tous les enjeux d’une question posée et rassembler ses connaissances.
Par ailleurs, il n’a plus peur de se tromper car il ne considère plus l’erreur comme une faiblesse.
Il est aujourd’hui capable de gérer son impulsivité et d’accepter de passer par des tâtonnements et des interrogations intermédiaires avant de donner la première réponse qui lui venait.
Un premier échange, sans engagement
Racontez-moi la situation de votre enfant.
Je vous dis franchement si je peux aider, et comment.